Clarté et consentement

Le consentement est essentiel à toute relation de coopération authentique. Néanmoins, dans notre culture marquée par la domination et l’obéissance, il n’est pas toujours facile de savoir comment s’y prendre pour initier ce type de relation basée sur des accords, prenant en compte les besoins et les limites de chaque personne. Le plus souvent, le consentement est vu comme quelque chose d’implicite, selon l’adage “qui ne dit mot consent”.

Nous allons voir qu’avant tout, il est essentiel de commencer par établir une connexion de qualité avec soi-même, avec ses sensations, et à oser le pas consistant à les prendre en considération.

Dire ce que nous ressentons, ce que nous voulons, oser questionner et négocier, répondre ou recevoir un vrai oui ou un non… sont des compétences de base que nous pouvons réapprendre, pour une vie plus spontanée, plus à l’écoute de nos besoins, plus connectée, aussi, au monde qui nous entoure.

Nous verrons ensuite que cette approche est essentielle dans tous les domaines qui impliquent l’humain et la grande nécessité de penser une éducation au consentement à tous les âges de la vie.

Enfin, je terminerai cette page par la manière dont j’utilise cette notion de consentement dans le cadre de mes interventions, que ce soient les stages ou les entretiens.

L'histoire

J’ai rencontré cette notion de consentement lorsque, dans les années 2000, j’ai eu une grande période de passion pour la naissance. Accompagnant des parents dans la période périnatale, j’avais compilé de nombreuses ressources pour leur permettre de faire des choix conscients pour l’accueil de leur bébé, notamment au moment de l’accouchement. Je tenais notamment à leur disposition La Charte de la personne hospitalisée qui stipule (extraits) :

3 – L’information donnée au patient doit être accessible et loyale. La personne hospitalisée participe  aux  choix  thérapeutiques  qui  la  concernent.  (…)

4 – Un acte médical ne peut être pratiqué qu’avec le consentement libre et éclairé du patient. Celui-ci a le droit de refuser tout traitement. (…)

Il semblerait que des textes de lois (cf les annexes à la Charte précédemment mentionnée) ne suffisent pas à transformer les pratiques – ni du côté des usagers, ni du côté des professionnel-le-s. Pendant ces années et jusqu’à aujourd’hui, je n’ai cessé de rencontrer des personnes qui avaient vécu des situations très pénibles, notamment dans la relation avec des professionnel-le-s de santé et/ou à l’hôpital au moment de l’accouchement.

Je dois dire que ce constat de clivage relationnel n’est pas réservé à la période périnatale : le dialogue avec les professionnel-le-s de la santé est un sport de combat auquel il semblerait qu’il vaille mieux être bien préparé-e !

J’ai souvent pensé qu’il était en fait un peu tard, au moment de la grossesse, pour remettre en question tant de croyances limitantes, de comportements d’impuissance apprise et pour trouver les ressources nécessaires pour mettre son enfant au monde en pleine possession de ses moyens. Ne pourrions-nous permettre à nos enfants d’apprendre le consentement dès leur plus jeune âge, en famille, à la crèche, à l’école ?

Que ce soit pour les enfants, les adolescent-e-s, notamment dans la période qui entoure la découverte de la sexualité, les adultes dans leurs relations au travail avec leurs collègues, leurs client-e-s, patient-e-s, subordonné-e-s, élèves, étudiant-e-s…, être capable de comprendre, de mettre en œuvre et de transmettre les dynamiques du consentement (ainsi que des cours d’auto-défense relationnelle !) est une action de santé publique de 1er ordre !

C’est 2018 que j’ai rencontré La Roue du Consentement, dans un événement consacré à la sexualité positive, juste avant de rencontrer sa créatrice, Betty Martin, dans un stage d’Honnêteté Radicale ! Son approche, résumée par un diagramme comportant 4 quadrants, est d’une profondeur que je n’avais pas soupçonnée au départ : elle explore les dynamiques du donner et du recevoir d’une façon tout à fait novatrice et pertinente.

Utilisant le toucher dans des formes simples et ludiques, elle permet, en passant par les sensations corporelles, de ré-informer les personnes sur leur droit et leur capacité à utiliser leur pouvoir pour parvenir à des accords gagnant-e / gagnant-e sans sacrifier leur plaisir personnel pour le bien-être de l’autre, comme nous sommes nombreux-ses à y avoir été conditionné-e-s.

En 2021, j’ai pris la décision d’approfondir cette approche en m’inscrivant aux cours de The School of Consent, fondée par Betty Martin. La suite est à inventer, avec vous ! (et bonne nouvelle : nous avons plein de travail !)

La sécurité comme condition de base

Tout d’abord, comme je l’ai présenté sur la page Présence, régulation et co-régulation, la sécurité est la condition de base permettant à une personne de se connecter à ses sensations. Cette capacité à se mettre à l’écoute de ses sensations corporelles est le point de départ de la démarche du consentement.

Une fois que je suis consciente de ce que je sens, ai-je néanmoins suffisamment de confiance dans la pertinence de mon ressenti ET puis-je lui donner suffisamment d’importance pour oser prendre mes élans en considération et envisager d’exprimer mes ressentis, mes besoins et de faire des demandes ?

Cela peut être par exemple :

– demander une reformulation de ce qui vient d’être dit parce que je ne suis pas sûre d’avoir compris et que j’ai envie d’avoir tous les éléments en main pour prendre ma décision.
– partager avec un-e collègue que je l’ai vu-e hausser les épaules (ou soupirer…) alors que je posais une question et que j’ai imaginé qu’il / elle avait un jugement, pour vérifier avec lui / elle ce qui se passait vraiment.
– dire que je suis fatigué-e, que j’ai besoin de repos et donc que j’aimerais que nous reportions la suite de la réunion à un autre moment.
– exprimer mon élan à partager mes réflexions en lien avec des perspectives nouvelles, cela alors que l’ensemble de mes collègues s’apprêtent à passer à un autre point de la réunion.
– parler d’une situation qui me préoccupe, mais que je sais conflictuelle.

Avez-vous déjà vécu des situations comme celles-ci ? J’imagine que c’est en effet le cas. A vrai dire, c’est même complètement normal.

Par contre, ce dont je suis également persuadée, c’est qu’il ne s’agit pas d’une fatalité : nous avons tou-t-e-s la capacité de retrouver la sécurité nécessaire à oser notre vérité et à écouter ce que les autres ont à nous répondre !

Communiquer et se mettre d'accord

Là encore, notre éducation ne nous a pas forcément permis d’être très équipé-e… cela nous donne l’occasion d’apprendre de nouvelles compétences, et des plus utiles !

Une fois que j’ai senti, pris en compte mon expérience et que j’ai osé m’exprimer, que l’autre personne a-t-elle entendu ? Comment se sent-elle ? Que va-t-elle me répondre ? Comment allons-nous parvenir à nous comprendre ? A assumer chacun-e notre part de responsabilité ? A nous mettre d’accord ?

Suspense ! Toute l’excitation de la rencontre ! Le défi de l’improvisation de chaque instant !

Je serais contente de vous guider à travers ces étapes, aidés par les outils de la Communication Directe, pour parvenir à des accords pour instaurer un cadre de confiance dans vos relations.

 

Domaines d'Applications

Cette approche peut être utilisée tant sur le plan professionnel, en entreprise, par les professionnel-le-s de santé, par les professionnel-le-s de l’esthétique, du soin à la personne, de la beauté, de la remise en forme, les travailleurs sociaux, au sein des écoles, des collèges, des lycées, des universités, au sein des équipes de travail, dans le domaine du sport…

Que sur le plan personnel : avec les enfants, dans les relations amoureuses, avec ses parents et ami-e-s.

En un mot : partout où il y a des humains et des relations que l’on souhaite voir évoluer vers plus de respect et de coopération !

Comment cette démarche s'applique à ma pratique

Cette démarche aurait pu être intégrée à la présentation du Design dynamique car elle en est pour moi indissociable. J’ai choisi de lui donner une place à part pour la mettre en valeur.

J’ai également pensé à des personnes qui pourraient s’en inspirer dans le cadre de leur travail et n’auraient pas forcément d’emblée la possibilité de mettre en œuvre les aspects suivants : relation d’équivalence, construction participative, perspective systémique et cadre évolutif.

Ces deux notions de clarté et de consentement visent à permettre la sécurité et la liberté à mon avis nécessaires à un travail commun productif par la mise en œuvre de deux valeurs : l’honnêteté et la recherche de la satisfaction mutuelle dans la relation.

Clarté

Dans toutes mes interventions, je m’engage à mettre de la clarté sur ma manière de travailler, mes intentions, mes besoins, mes limites et je vous invite à vous exprimer sur ces mêmes sujets.

Ensemble, nous prenons soin de définir des moyens et des buts pour les différents aspects de notre travail commun.

A tout moment, vous êtes le ou la bienvenu-e pour me poser des questions, quelqu’en soit le sujet et que ces questions portent sur le fond ou sur la forme. Je m’engage à m’exprimer et à vous répondre avec toute l’honnêteté dont je suis capable dans le moment.

Consentement

Nous prenons ensemble des décisions au consentement (c’est-à-dire à zéro objection) visant à nous permettre de vivre des expériences mutuellement satisfaisantes.

Cette approche implique également une phase de clarification des propositions amenées par vous ou par moi ainsi qu’une phase de partage de réactions.

Accords

Il en résulte des accords sur le cadre de notre travail commun :

# accords pour le cadre de travail : durée et fréquence des séances, tarif, etc.

# accords pour la relation : pour disposer de repères communs et pouvoir faire face aux imprévus de la météo émotionnelle (accords pour prévenir et traverser d’éventuels conflits).

Vous trouverez ci-dessous quelques raccourcis vers les pages qui présentent mes propositions d’interventions dans différents formats :

infos & prise de RV

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